Rapport de l’ASPF sur la Conférence–Débat : « algues vertes » du 9 avril 2010

5 mai 2010 1 Par Collectif ASPF

Conférence organisée par la CCPF et la CCCC à l’Archipel de Fouesnant- 29, le Vendredi 9 Avril 2010

avec sur l’estrade  de 20 h 45 à 23 h :

Jacques WITKOWSKI, Secrétaire de la Préfecture 29.

Roger LE GOFF, Maire de Fouesnant et Président de la CCPF.

Jean Claude SACRE, Maire de Trégunc et Président de la CCCC (ou 4C).

Alain MENESGUEN, de l’IFREMER, présentant aussi des documents du CEVA.

André SERGENT, 1 er Vice Président de la Chambre d’Agriculture du Finistère.

Jacques PRIMET, Administrateur Eau et Rivières de Bretagne.

Jean Louis LE CORVOISIER, journaliste animateur

Environ 250 personnes dans la salle.

Algues vertes le Cap Coz le 4 Mai 2010

Algues vertes le Cap Coz le 4 Mai 2010

Algues vertes Kerleven le 3 Mai 2010

Algues vertes Kerleven le 3 Mai 2010


L’exposé scientifique IFREMER – CEVA par Alain MENESGUEN

« Au début, l’Administration s’est entêtée à déphosphater aux abords des endroits pollueurs.

Peu de résultats ont été constatés, car la véritable cause provenait des nitrates et non des phosphates.

Les causes ont été identifiées par les scientifiques il y a ….22 ans !

La pollution urbaine, les phosphates, les stations d’épuration sont des pistes non significatives, la seule et grande cause provient des nitrates, résultant d’une fertilisation excessive et anormale de l’agriculture intensive.

Un environnement favorable (luminosité de l’eau, confinement, température) et une alimentation suffisante en nitrates expliquent la prolifération des algues vertes (AV).

Nous n’avons pas la même espèce d’ulve que dans le Nord Bretagne, la notre, plus coriace que l’ulva armorica est l’ulva rotundata qui se développe en boutonnage ou clonage.

Il y a eu 100 000 T d’AV ramassées en Bretagne en 2009, (Nota : dont 20000 T à Hillion-22 et 15000 T sur notre baie), donc bien plus que la moyenne qui était de 60000 T par an.

Le CEVA continue ses travaux de relevés dans notre baie avec modèles mathématiques, photos aériennes, relevés en plongées…..

Au large de notre baie de la Foret, les scientifiques ont identifié les provenances des nitrates par les rivières : 30 % par le Moros, 23 % par le Saint Laurent, 16 % par le Minaouet………

13 % restent à expliquer, mais les rivières Odet, Aven, non suivies dans les travaux CEVA, peuvent expliquer une partie de ce %.

La moyenne en nitrates de nos rivières se situe entre 30mg/l et 40mg/l aujourd’hui contre 4.4 mg/l en 1971.

Les bovins représentent 120 000 T de nitrates dans la nature, les porcs 72 000 T et les volailles 40 000 T, plus loin arrivent les humains avec 15 000 T.

Ainsi les épandages et rejets des élevages de bovins polluent presque 2 fois plus que ceux des porcs et 3 fois plus que ceux des poulets.

Il y a parfois des remèdes originaux pour réduire ou éliminer les AV :

Faire en sorte de diminuer le plus possible l’intensité de la lumière en augmentant la turbidité de l’eau autrement-dit rendre trouble l’eau, chaluter les algues vertes vers des chenaux profonds comme à Brest……mais réduire les nitrates s’avère la solution indispensable.

La terrible conclusion de ce scientifique renommé :

– le phénomène AV provient bien des nitrates de l’agriculture intensive.

– il faut arrêter de dénier la réalité des scientifiques.

– il faut passer à 5 mg/L de nitrates dans nos rivières pour diminuer les AV de 72 %.

– donc autant considérer que cela ne se fera surement pas avant très longtemps.

– à quoi servent donc les contrats locaux puisque rien n’évolue sur le terrain ?

– la Bretagne est pénalisée par les conflits d’intérêts, par les lenteurs des actions politiques et administratives.

– le rapport de la commission gouvernementale d’enquête AV était bon et encourageant mais le plan qui a suivi est l’inverse donc désespérant !

– je reste pessimiste.

Plus tard dans le débat, il dénoncera les nouvelles actions de recherches scientifiques lancées dans le nouveau plan gouvernemental : « ….on sait déjà tout et donc c’est une perte de temps et une perte d’argent des contribuables. »


2- Les interventions des autres acteurs

R LEGOFF :

« Avec mes collègues de la 4C et de la CCPF, nous sommes coorganisateurs depuis 10 ans de la lutte contre les algues vertes. Nous nous efforçons d’informer, d’échanger avec tous les acteurs et plus spécialement nous nous préoccupons aujourd’hui du plan d’action contre les algues vertes élaboré par l’Etat.

La CCPF s’est dotée de compétences et de moyens pour ses actions sur la qualité des eaux.

Nous mettons en place des actions sur la dangerosité  des AV pour le personnel, les employés.

Pendant l’année 2009, nous avons assuré un ramassage fréquent des algues vertes. Le chiffre à fin Août ne s’élevait qu’à 1000 m3 pour aboutir fin novembre à 15000 m3.

Après le ramassage, nous effectuons le traitement puis le stockage. L’ensemble des agriculteurs ont bien coopéré dans la reprise du compost.

Les frais de fonctionnement s’élèvent à 200 000 euros en 2009. Nous n’avons pas de problème avec notre station d’épuration de Kerambris qui est aux normes et qui devient un site expérimental, mais notre compost doit évoluer pour devenir un vrai amendement.

Le contrat Odet-Aven est plus complet que les précédents.

Le plan gouvernemental est une bonne chose, et nous aurons des moyens supplémentaires.

Nous voulons développer partout l’information, la sensibilisation.

Nous développons les recherches en forages profonds pour notre eau potable. »

JC SACRE :

« Nous sommes dans les actions pour la reconquête de la qualité de l’eau.

Des contrats d’entretien des ruisseaux sont en cours

Nous sommes confrontés aussi à une baisse des revenus des agriculteurs.

En ce qui concerne les mesures agro-environnementales, nous souhaitons des aides plus significatives.

L’optimisme pour améliorer cette situation problématique est de rigueur. Un homme politique qui ne serait pas optimiste, ferait mieux de rester à la maison. L’Etat fait la preuve, aujourd’hui, d’une approche méthodologique intéressante.

Je reste optimiste mais …réaliste, en effet le discours IFREMER n’est pas encourageant.

Alors tout ce qui arrive sera bon à prendre. »

J PRIMET :

Depuis 10 ans que l’on travaille sur ces diverses questions évoquées, les rivières du Pays Fouesnantais ne montrent qu’une baisse insignifiante du taux des nitrates : le St Laurent est un magnifique exemple d’immobilisme avec 40 à 45mg/l depuis 12 ans.

Les captages au-dessus de 50mg/l ont été fermés pour faire baisser par ce subterfuge le taux de nitrates dans l’eau potable.

On assiste aujourd’hui même dans certaines Chambres d’Agriculture à une réhabilitation de l’agronomie en appliquant de bons préceptes afin de favoriser des relations harmonieuses entre les plantes cultivées, le milieu (sol et climat) et les techniques agricoles.

Il faut faire une agriculture différente : agriculture bio, trouver un moyen terme élevage extensif-intensif avec des garanties……..

Les élus amorcent des tentatives qui s’avèrent hélas! bien vaines .aussi n’y a-t-il pas des freins ?

Pourquoi avoir sélectionné seulement 2 sites pilotes dans le plan gouvernemental, 96 restent sur la touche et on perd du temps. »

A SERGENT :

Dans les années 1950-1960, la terre de Bretagne était qualifiée de pauvre alors on a dit à nos pères de nourrir la terre. Il ne faut pas fustiger l’agriculture pour arriver au résultat négatif de l’abattre.

Notre profession est ciblée, voulez vous vraiment abattre l’agriculture ?

Bien sur que nous ne sommes pas indifférents et que nous nous sentons très concernés par le problème AV et la qualité de l’eau.

Mea culpa pour nos parents, qui en pleine révolution agricole  n’avaient pas l’environnement en priorité.

Mais nous, souvent leurs enfants, nous avons évolué depuis 20 ans et dans le bon sens et nous devons nous écouter.

Et il y a toutes les contraintes administratives, les contrôles….

Plusieurs types d’agriculture sont présents. Le consommateur choisit le produit le moins cher sur le marché. On dépend de lui, aussi sommes nous obligés de produire à moindre coût pour avoir un prix de vente au client le plus bas possible. Cette contrainte pousse à favoriser l’instauration d’économies d’échelle et le possible emploi excessif d’engrais.

Pourtant, dans la dynamique de l’agriculture intensive, la nouvelle génération produit en quantité et en volume tout en respectant l’environnement, cependant, il faudra attendre plusieurs années avant de constater une baisse significative des nitrates.

Sur les deux bassins versants du Pays Fouesnantais la moyenne est seulement de 90 kg d’azote à l’hectare.

Nous sommes des râleurs, on va dans le bon sens, mais de là descendre vers le 0 ou 5mg /L de nitrates, c’est …….(Nota ASPF : il n’a pas voulu lâcher le mot impossible ).

Nous voulons quand même  comprendre pourquoi d’autres avis scientifiques divergent.

Nous voulons en savoir plus sur la méthanisation. »

J WITKOWSKI :

« Les mesures de réduction des nitrates ont produit des effets encore insuffisants

L’Etat est le premier financeur des collectivités locales. A partir du 20/08/09, une aide financière a été accordée à certaines communes. L’Etat aide au ramassage mais pas au fonctionnement du centre de traitement.

Bien entendu je n’accepte pas toute la psychose et le pessimisme d’A MENESGUEN, sa critique du plan gouvernemental face au rapport de la commission AV qui selon lui serait très différent.

Je rappelle que les eaux potables sont partout conformes aux lois et textes.

Il y a eu des lenteurs de l’Etat, mais nous avons maintenant un plan gouvernemental de lutte de 5 ans préventif et curatif pour 2010- 2014, avec 134 M euros, géré par un Comité.

Ce plan d’action de l’Etat, pluridisciplinaire, prévoit une coordination d’interventions terrestres et maritimes. Des expertises seront organisées.

L’aménagement d’un volet préventif et curatif est établi.

Dans les départements du Finistère et des Côtes d’Armor, 8 bassins versants prépondérants ont été répertoriés : 3 dans les Côtes d’Armor et 5 dans le Finistère.

En parallèle des travaux d’un comité scientifique pluridisciplinaire, nous devons régler en urgence ramassage et traitement afin de supprimer nuisances et risques sanitaires.

Je décline  4 thématiques  pour les mesures et instructions en préventif :

1) le volet collectivités territoriales : endroit où s’échouent les algues vertes en quantité conséquente. Quelles méthodes agréer ou pas pour nettoyer le littoral envahi ?

2) le volet assainissement : dans les 5 bassins du Finistère, les 24 stations d’épuration présentes sont en conformité avec les obligations de la salubrité publique.

12 ont été déjà contrôlées, les 12 autres le seront pendant le 1er semestre 2010. Dans ces 5 bassins, 36000 personnes ne sont pas raccordées.et il y a 15% de situations non conformes.

2015 est la date fatidique de l’application de la loi sur l’eau.

3) le volet Installation Classée pour la Protection de l’Environnement ou ICPE : Les exploitations agricoles feront l’objet d’un plan de contrôle spécifique renforcé à partir du 2ème semestre 2010. Des moyens importants seront mis en œuvre. Les exploitations agricoles sont la branche économique la plus contrôlée de tous les secteurs de production.

En 2009, nous avons réalisé dans le Finistère 165 contrôles. Des vérifications comparatives sont faites entre le cahier comptable azote et la quantité d’élevage. Le comptage écrit doit tomber juste en fonction du nombre de bêtes domestiques élevées.

Sur les terrains agricoles, nos techniciens habilités assurent des carottages pour mesurer l’épaisseur d’infiltration des intrants.

Il y a donc vérification contradictoire de la théorie et de la pratique. Sur une base de 100 contrôles, 52 n’étaient pas conformes, mais réglés rapidement.

4) le volet MAE ou Mesures agro-environnementales.

Les applications de ces mesures, sur les bassins versants, feront l’objet d’examens dans l’institution du SAGE ou Schéma d’Aménagement et de gestion des eaux. Selon les différentes configurations géographiques, une vision adaptée à chaque territoire sera élaborée .Un cahier des charges type sera tenu.

Ces mesures seront déclinées dans le Finistère à partir de 2011, en 2010 dans les Côtes d’Armor .Un lien direct conduira une logique de travail entre échouage, ramassage et traitement.

Volet Curatif

Ce projet de chantier a l’avantage de déterminer un effet visuel immédiat. Ces nuisances visuelles et olfactives sont immédiatement éliminées des endroits souillés. En décembre 2009, la signature du contrat de bassin versant a été passée.

Je ne peux, encore, rien affirmer, aujourd’hui sur le délai de temps et de résultats.

3- Après le débat animé sur la scène par le journaliste, il y a eu les questions du public

Il y  en a eu seulement 6, alors que d’autres personnes demandaient le micro.

4- l’intervention l’ASPF :

Daniel BOULLONNOIS, Vice Président de l’ASPF :

« Nous sommes bien entendu satisfaits de la tenue de cette conférence – débat de ce soir à l’Archipel, qui permet d’avoir devant nous divers interlocuteurs pour des questions et des réponses en direct. ».

S’adressant à Monsieur WITKOWSKI, représentant la Préfecture :

« Nous avions des questions  pour la Préfecture mais vous avez déjà répondu en partie dans votre intervention.

Cela tombait bien en effet, puisque en fait nous n’avions jamais eu de réponse à notre courrier de fin 2009 à la Préfecture au sujet de la situation alarmante sur les plages de Fouesnant en Aout 2009, sur le contrat Odet-Aven et sur la station de compostage de Kérambris.

La Préfecture « se réveille » aujourd’hui, mais à cette époque de fin Aout 2009, les touristes pataugeaient dans les algues vertes en putréfaction à Cap Coz et la Préfecture était comme « aux abonnés absents ».

Pourtant encore ce jour, vendredi 9 avril 2010 à 18 h 30  sur la plage du Cabellou à Concarneau, sans aucune information, des touristes pataugeaient aussi dans des algues en putréfaction, les enfants pieds nus pour aller de leur campings cars de touristes non informés sur la plage.

Donc rien n’évolue par chez nous et quand allez vous agir ?»

Le Cabellou algues vertes pourries le 9 avril 2010

Le Cabellou algues vertes pourries le 9 avril 2010

Le Cabellou une famille au milieu des algues vertes pourries le 9 avril 2010

Le Cabellou une famille au milieu des algues vertes pourries le 9 avril 2010

S’adressant à Monsieur LE GOFF, Président de la CCPF.

« Alors que se passe t il depuis la signature du contrat Odet –Aven mi Décembre 2009 ?

Après 4 mois, notre association, qui y est inscrite dans les commissions thématiques ….n’a jamais été convoquée et n’a participé qu’à une seule réunion, celle sur les zones humides et les ruisseaux.

Nous avons dit clairement  que nous voulions participer en étant constructifs à cette commission.

Comment comprendre une telle situation dans la baie de La Foret ?

Nous partageons quand même le pessimisme des scientifique de ce soir, rien ne change dans la baie  malgré les contrats, alors espérons encore dans le plan à venir de la Préfecture.

L’exposé scientifique de Monsieur MENESGUEN ne prenait pas compte les derniers chiffres 2009 de la baie : ce n’est pas 9000 T mais  15000 T d’AV ramassées en 2009, surtout entre Septembre et Novembre, et encore sans les tonnages de Concarneau.

A quoi sert le nouveau contrat Odet-Aven puisque tout le monde attend encore les autres instructions de la Préfecture si nous avons bien compris?

Nous avons eu et épluché le rapport final du contrat du Lesnevard et on peut dire que ce fut un échec, rien n’avance sur le terrain, peu de volontaires du monde agricole se sont inscrits  et nous y avons surtout noté tous les conflits.

Va-t-on recommencer cette situation ?

En Décembre 2009, nous avions nous même contrôlé les nitrates à 48 mg/L dans la rivière Saint Laurent, à sa jetée dans la mer.

Ainsi effectivement rien n’a changé dans notre quartier, et cela nous a encore été confirmé par les représentants scientifiques de ce soir qui démontrent clairement des responsabilités du coté de Concarneau dans les mécanismes de la baie.

Est-il si difficile de remonter le Saint Laurent pour retrouver et contrôler les élevages porcins, les élevages de poulets qui doivent polluer son cours ?

Au sujet de la station de Kérambris, nous comprenions certaines actions de Monsieur le Maire de Fouesnant et Président de la CCPF devant l’afflux des AV à partir de Septembre 2009, il fallait les ramasser ces AV mais cette station est hors la loi (Nota : création sans enquête publique), au regard des volumes AV traités et des nuisances pour les riverains.

Qu’en est-il ? »

S’adressant à Monsieur SACRE, Président de la 4C :

« Au sujet du ramassage des AV à Concarneau, qu’en font-ils ?

Elles ne viennent pas à Kerambris, réservé à la CCPF, alors ?

Il semblerait que ces AV terminent en épandage direct dans les champs de part chez vous, cela est semble t-il interdit, avaient-ils eu l’autorisation de la Préfecture ? ».

5- Réponses et commentaires sur l’intervention ASPF :

Réponses de R LE GOFF :

Au sujet du contrat Odet-Aven.

« Nous travaillons toujours avec la Préfecture sur ce contrat et la semaine dernière, nous avions eu encore deux réunions, donc  laissez nous le temps de mettre en place ce contrat et vous serez bien invités aux prochaines réunions dans peu de temps. »

(Nota ASPF : effectivement, le Secrétaire de la Préfecture 29 annonça plus tard que le cahier des charges plan AV du  29 est en avancement et le contrat devra certainement intégrer des mesures et instructions nouvelles ?)

Au sujet de la station de Kerambris.

« Nous avions fait cette station de compostage de 23000 m2, et je reconnais volontiers que nous n’étions pas ok sur le plan administratif pour les volumes traités en AV 2009 sur ce site classé.

Nous avions été débordés par les volumes ramassés, et il fallait bien les mettre quelque part, donc plutôt à Kerambris malgré les quelques nuisances.

Nous ne devions pas rester bloqués par des textes  et ne rien faire.

Depuis, nous avons régularisé la situation avec la Préfecture et nos procédures limitent les odeurs et nous pouvons encore améliorer la situation. »

(Nota ASPF : dans son intervention en débat, RLG avait bien précisé que le compost AV actuel était à revoir, avec certainement introduction de paille pour en faire un véritable amendement.

Alors la situation est inquiétante, à quelle norme est-il actuellement ? )

Au sujet des contrats passés et en cours.

« Oui, les résultats passés ne sont pas marquants malgré quelques améliorations quand même peut on dire mais ces contrats ont permis des échanges, les dialogues entre partenaires………

Nous avons obligation de nous entendre avec les agriculteurs, sans eux, comment pourrait-on écouler ce compost AV qui reste d’ailleurs à améliorer.

Nous en avions déjà parlé ensemble avec l’ASPF lorsque nous nous sommes rencontrés sur un autre sujet il y a quelques jours.

(Nota ASPF : au final, nous n’avons pu connaitre le nombre de volontaires du monde agricole inscrits dans le nouveau contrat, y en a-t-il déjà ?)

Si vous voulez travailler dans ce contrat, c’est bien, mais pour parler durement je n’accepterai pas ….les « emmerdeurs ! ».

(Nota ASPF : applaudissements dans le clan en bas de la salle).

Réponse de JC SACRE :

Au sujet des AV sur Concarneau.

« Le ramassage des AV est assuré par les Mairies et non pas par les Communautés de Communes. Les algues vertes de Concarneau sont répandues en effet, dans les champs des agriculteurs. Mais d’autres solutions sont envisagées.

Oui, je confirme que les AV de Concarneau sont répandues dans les champs des agriculteurs.

Mais d’autres solutions sont envisagées. »

(Nota ASPF : mais il n’a pas voulu répondre s’il y  avait autorisation de la Préfecture).

Réponses de J. WITKOWSKI :

Au sujet de l’épandage des AV.

« Tout d’abord, l’épandage des AV n’est pas interdit, il le sera dans les mesures que nous préparons pour le Finistère. »

L’épandage des algues vertes, sur les champs, n’est pas interdit aujourd’hui. Il le sera seulement en 2011.

25 % des AV ont été épandus dans le département, soit sur terrains communaux soit sur terrains privés  Peut-on valoriser les algues vertes et les transformer en énergie ?

Il existe 2 projets de méthanisation, mais le besoin de déchets verts dans cette technologie est important. »

Au sujet de la station de Kerambris.

« Oui, nous avons réglé la situation administrative de la station classée.

L’arrêté préfectoral a été pris début janvier 2010, à la suite de plusieurs contrôles.

Celle-ci deviendra bien  une des stations expérimentales que nous mettons immédiatement en place  et elle recevra les AV de Concarneau.

Elle est déjà bien équipée……………… ».

6- Autres questions de la salle

Elles concernaient :

– le ramassage des AV à Cap Coz détruisant faune et sable.

Réponse de R LEGOFF :

« il est facile de dire :  » faut pas faire comme ça . Mais alors indiquez-moi comment il faudrait faire. Nous essayons chaque année d’améliorer nos techniques de ramassage dans un souci de dégrader le moins possible l’environnement. Pour l’instant, on n’a pas d’autres méthodes ».

Réponse de J. WITKOWSKI :

« Les méthodes de ramassage iront en s’affinant. Un ramassage scientifiquement normé apparaîtra progressivement. Il est dans nos prévisions de réaliser, dans quelque temps, un ramassage écologique sans dégradation de l’environnement ».

– le tout bio éliminera t il les AV ?

Réponse de A SERGENT :

« Le consommateur lambda regarde le prix, les agriculteurs sont prêts à changer, mais pas le consommateur ».

– les AV à Venise et dans le monde ?

Réponse de A MENESGUEN :

« Le record AV est maintenant en Chine avec 1 million de tonnes. Ceci provient du déversement d’eaux usées très chargées en azote, car elles contiennent beaucoup de détergents et d’engrais.

La lagune de Venise et le delta du Pô, situés tous deux au bord de la mer Adriatique, sont envahis. En effet, des activités agricoles accrues sont présentes en amont et une grande zone industrielle pétrochimique a été installée à l’entrée de la lagune.

Au 3ème rang mondial, vient la Bretagne.

La région de la Hollande dans les Pays-Bas produit beaucoup d’azote pour la culture de ses fleurs. La grande turbidité de la mer qui détermine un déficit de lumière empêche la propagation épidémique des algues vertes.

Entre les îles du Danemark, il y a quelques bancs AV, mais ce phénomène est très limité.

L’Etat du Danemark contrôle strictement la limitation de l’extension de l’élevage des différentes espèces animales domestiques.

– une intervention politique d’André BERNARD pour la LGN, condamnant le modèle agricole actuel néfaste :

« ….il faut traiter le problème des causes en amont …… Les lobbys agro-industriels et agricoles, comme la FNSEA, jouent le rôle ambivalent de pompiers-pyromanes

Une remise en cause de ces méthodes culturales doit être absolument opérée. »

– et la dernière intervention (téléguidée ?) :

Celle d’une soit disante stagiaire lyonnaise, se disant aussi non scientifique mais à la recherche de tout ce qui concernait les études AV dans le monde.

«     Au lieu de nous contenter de rester fixes sur nos problèmes nationaux, il serait peut-être intéressant de voir ce qui se passe ailleurs. A Venise, les autorités italiennes semblent avoir résolu le problème. De plus, Mr MENESGUEN, vos publications commencent à faire date, puisqu’elles remontent à 1997. Il y a un problème international des algues vertes. En Chine, la cause est l’aquaculture pour un crabe ».

Ulcéré, A MENESGUEN  anima cette fin de conférence par des répliques sanglantes envers cette étrange interlocutrice ……en mission.

7- Conclusions des intervenants

A MENESGUEN :

« Pour la première fois, la haute fonction publique et le haut politique reconnaissent officiellement que les nitrates ont crée ces désastres. J’ai constaté avec une grande amertume comment le monde scientifique est sous-estimé par notre gouvernement

……..ce débat a permis de connaître les idées de chacun et d’éliminer les désinformations.

Après 40 ans d’algues vertes, une obligation de résultat s’impose. Les populations riveraines sont exaspérées.

….les MAE constituent des dispositions volontaristes. Elles n’ont pas par elles-mêmes de caractère contraignant.

…malgré tout, je reste dans une vision globalement positive. »

J PRIMET :

« …..il faut voir les données du plan d’action. Nous suivrons les travaux dans le Comité de Suivi.

Si ceux-ci nous conviennent, nous resterons, sinon nous partirons. »

A SERGENT :

« ….il faut arrêter d’affoler les populations avec les difficultés du ramassage par exemple….. »

JC SACRE :

« ….nous avons commencé à affronter la problématique du ramassage et nous continuerons dans l’amélioration de cette voie.

Ces conséquences néfastes pour tout le monde, déterminent une solidarité entre la population et les élus du littoral. Il faut rester optimiste. »

R LE GOFF :

« …..je me base sur les chiffres…… . Nous sommes satisfaits d’avoir réuni, devant le public, les divers représentants concernés autour d’une même table.

Ce débat a permis d’échanger les bons chiffres et de trouver les bonnes solutions. »

J WITKOWSKI :

« ….toutes les mesures prises sont confrontées à un comité d’experts. Moins de deux mois après la publication du rapport interministériel, le plan lui-même est mis en place.

Les MAE seront adaptées aux différents zonages. Un déploiement sera fait sur l’ensemble du spectre. Nous nous investissons dans une avance rapide et résolue.

…..on est dans l’action, je vous remercie de vous être spécialement déplacés pour prendre part à ce débat. La teneur des discours et des questions posées ont montré une animation conduite sans ambages et sans faux-semblants. »

8-Conclusion et commentaires ASPF

L’exposé d’A MENESGUEN (CEVA, IFREMER) sur la biologie des algues vertes était simple et parfait!

Deux origines pour les nitrates : minéral et organique.

II faut bien traduire organique par les déjections des animaux or la Bretagne est la championne des élevages avec une idée bien ancrée à modifier : le lisier de cochon arrive en deuxième position derrière les bovins !

Le minéral provient des engrais.

Après un passé d’atermoiements coûteux et inefficaces, on pouvait se dire que  la donne est changée : on sait pourquoi  et on ne peut plus tergiverser car c’est officiel depuis l’été 2009 : l’algue en putréfaction peut être très dangereuse voir mortelle pour l’espèce humaine !

Non seulement le tourisme entre en compétition économique avec les productions intensives de viande et lait et l’emploi qui en découle, mais la santé humaine est en jeu !

Dans un tel contexte, on aurait pu s’attendre à ce que les politiques et les acteurs locaux représentés sur l’estrade, proposent des actions fortes, simples !

Déception quand même !

Le représentant de la Chambre d’Agriculture a surtout posé les cultivateurs en victimes !

On ne sait rien ou presque du contrat Odet Aven, visiblement en attente de nouvelles instructions officielles de la Préfecture alors que le SAGE local, enfin imposé n’avance pas !

Quant au plan de l’État rapporté par le Secrétaire général de le Préfecture, il commence par la mise en place d’un groupe d’experts, alors que le phénomène biologique a été parfaitement décrit.

Les plans précédents faisaient appel à des volontaires, et il n’y avait pas de sanctions !

Donc on ne sait pas en fait si on va continuer comme avant… ?

En pratique, tout le monde l’a compris, dans notre secteur, le premier émetteur de nitrates, c’est l’animal et l’incidence de ses déjections (lisiers, épandages….).

On aurait pu donc s’attendre à une annonce du genre : on interdit toute extension des élevages, tous les dossiers de demandes en attente dans le bureau du Préfet vont faire l’objet d’un refus et nous accompagnerons l’agriculteur vers d’autres modes d’agriculture….

Rien de tout cela, l’actualité nous montre déjà de nouveaux dossiers acceptés !

Les politiques jouent encore la montre et continuent à donner la priorité à la filière agro-alimentaire et répondent d’abord aux lobbies, privilégiant le court terme.

On s’agite sans prendre de décisions courageuses, telles qu’elles devraient s’imposer.

Les 5 mg de nitrates par litre d’eau à atteindre dans les ruisseaux, indispensables selon A MENESGUEN pour voir disparaître l’algue verte ne seront pas atteints de si tôt.

Les associations environnementales, dont l’ASPF à son échelle, doivent continuer leurs actions de harcèlement pour faire bouger les acteurs, mais aussi participer à l’intérieur des institutions lorsque l’on fait appel à nous.