Archive pour mai 2010
Un article de notre blog vous informait le 14 Février dernier que le sentier côtier reliant le Cap Coz à Beg Meil s’était effondré en mer.
Une photo vous en montrait le vide béant ; le sentier fut donc fermé plusieurs mois.
Les artistes du littoral sont passés par là depuis et la réouverture du sentier coïncide avec la période de fleurissement des magnifiques rhododendrons situés à mi parcours.
Avec ces clichés, nous souhaitons vous faire partager le charme de ce merveilleux endroit grâce aux travaux réalisés.
Vous ne pourrez pas rater les rhodos puisque le tracé du nouveau chemin passe …..au milieu du massif ; il n’y avait pas d’autres solutions avec le rapprochement de l’aplomb de la falaise.
Cet évènement naturel finit bien, le tracé en haut de falaise est rétabli une nouvelle fois (les éboulements ne sont pas rares) ; ceci nous interpelle et nous entraine inévitablement à l’autre extrémité du sentier, vers la pointe de Beg Meil, coté sémaphore, là où …la continuité du sentier n’est pas assurée malgré le combat depuis 30 ans de l’ASPF, pour l’application de la servitude de passage de 3 mètres en haut de la falaise.
Nous attendons tous le lancement, imminent, de la procédure d’Enquête publique concoctée par la Préfecture, la Mairie et les propriétaires riverains ; c’est un dossier « chaud » tant les divergences de tracé et d’intérêt sont grandes entre les associations et certains riverains.
Selon nos informations, le tracé retenu serait aménagé en partie en bas de falaise ; non seulement il serait inutilisable par fortes marées mais il serait soumis au même risque d’éboulement sans possibilité de recul puisqu’établi en bas de falaise ; on ne tire donc pas de leçon de l’actualité.
Les motifs juridiques portés par le Préfet (voir article du 28 02 2010 très développé sur le sujet) et dont se prévalent certains propriétaires pour échapper à la servitude de passage en haut de falaise, sont éminemment discutables.
Malgré ses nombreux courriers et recours au Préfet, faisant part de ses réserves sur les aménagements prévus, L’ASPF ne croit guère à un revirement de dernière minute dans la mouture prochainement soumise à l’enquête publique ; elle craint donc de se voir une nouvelle fois contrainte au recours en justice..
L’ASPF met en garde les décideurs contre des aménagements qui ne répondraient pas aux véritables attentes de la population et qui l’obligeraient à de nouveaux recours.
L’ASPF a voulu remonter à la source majeure des nitrates et de leur conséquence en mer : les algues vertes ; elle s’est donc rendue le dimanche 9 Mai 2010 à Trébrivan, dans ce village situé près de Carhaix, à l’invitation des organisateurs de la manifestation.
Le thème en était une protestation symbolique contre la création d’une maternité porcine industrielle de 900 truies à Trébrivan.
Par dérision, face à cette véritable provocation du Préfet des Cotes d’Armor et de la Mairie de cette commune qui ont donné un avis favorable d’exploitation, le nom du village a été rebaptisé en grande pompe …….« Truie Brivan » dans une ambiance festive.
En présence de 500 personnes, et à l’ombre de la magnifique église, toute la Bretagne associative et écologique était venue soutenir l’Association locale « Sous le vent, les pieds sur terre » qui lutte depuis 2 ans contre le projet de cette maternité porcine de 900 truies.
Malheureusement, ce n’est qu’un avis favorable parmi d’autres dossiers d’extensions et de créations d’élevages.
Les travaux sont déjà commencés alors que des actions en justice sont en cours !
Ce dossier du centre Bretagne est vraiment symbolique du combat que les associations environnementales mènent contre l‘incohérence des décisions prises malgré les beaux discours et nouveaux plans.
Epandages de lisiers, nitrates, algues vertes …. tout s’enchaine, car des Maires de toutes tendances ont donné leur accord pour les plans d’épandage.
Et calculez avec nous : 900 truies et 10 porcelets par truie, ce sera 10 000 ….robinets à lisier en action !
Que faut-il faire de plus ? En pleurer ou en rire ? Alors Dimanche, nous avons fait les deux :
Des discours de grandes organisations environnementales telles qu’Eau et Rivières représentée par Jean Paul GUYOMARCH, qui pointe cette provocation au moment où le gouvernement met en place son plan algues vertes en Bretagne.
L’intervention d’André OLLIVRO, grand prêtre des algues vertes pour toute la Bretagne, de Claude LESNE, la référence scientifique dans ce domaine ; ils ont relancé la dramatique affaire MORFOISSE…….
Des discours des élus « écolos » qui entendent porter tous les problèmes bretons à Bruxelles, faute d’écoute et de décisions courageuses dans notre propre pays.
Les frères MORVAN en tête d’affiche suivis d’autres artistes bretons, alternant danses et chants.
Un spectacle burlesque de la Compagnie BOCOCO composée de gens sérieux comme …..André OLLIVRO, là encore dans le rôle du grand prêtre, dans sa « papamobile à traction agricole » et d’autres moins sérieux comme Jean KERGRIST, alias le Général Ubu appelant à la résistance et à « bouter les cochons hors de Bretagne » avant de rebaptiser « Trébrivan » en « Truie-Brivan » sur le fronton de la Mairie et de prendre le maquis.
L’humour était une arme redoutable en ce Dimanche de Fête de Jeanne d’Arc, et des oreilles ont dû siffler.
Toutes les associations présentes travaillent maintenant à la création d’une « Fédération algues vertes » qui sera le fer de lance de la lutte contre ce fléau.
Les algues vertes (AV) sont arrivées à Cap Coz en fin Avril, presque fidèles au rendez vous annuel, alors que tous espéraient une trêve après les 15000 m3 ramassés en 2009.
En fait, les premières AV étaient apparues dès le début Avril 2010 dans la baie à Concarneau au Cabellou et à Kerleven, puis un peu plus tard sur le Cap Coz.
Ces algues de Concarneau ne doivent pas nous laisser indifférents, d’autant que le Secrétaire de la Préfecture en personne, Monsieur WITKOWSKI, nous a informés en Conférence débat Algues vertes que « Concarneau » jusqu’à présent, épandait (Nota Aspf : « en presque secret ») ses algues vertes fraiches dans ses champs mais que dorénavant, elle avait trouvé un site officiel pour les y mettre en 2010 : chez nous, à Fouesnant, dans la station de Kerambris, fraichement homologuée….sans enquête publique pour de tels volumes à traiter en compostage encore expérimental.
Donc bienvenue à Fouesnant aux algues vertes de Concarneau !
Engagée dans le contrat Odet- Aven, l’ASPF entend bien d’ailleurs remonter à la source des nitrates dans les rivières du coté de Concarneau puisque les pourcentages des origines des nitrates en mer ont été donnés par A MENESGUEN, le scientifique de l’IFREMER lors de cette conférence :
Le Moros ( 30 %), le St Laurent ( 23 %), le Minaouet (16 %).
Ainsi, c’est au moins 70 % de la totalité nitrates retrouvée dans la baie de la Foret Fouesnant qui proviennent des territoires de la 4C et on comprend mieux le fameux contrat Odet-Aven qui …marie les 2 communautés pour 3 années de vérités.
Conférence organisée par la CCPF et la CCCC à l’Archipel de Fouesnant- 29, le Vendredi 9 Avril 2010
avec sur l’estrade de 20 h 45 à 23 h :
Jacques WITKOWSKI, Secrétaire de la Préfecture 29.
Roger LE GOFF, Maire de Fouesnant et Président de la CCPF.
Jean Claude SACRE, Maire de Trégunc et Président de la CCCC (ou 4C).
Alain MENESGUEN, de l’IFREMER, présentant aussi des documents du CEVA.
André SERGENT, 1 er Vice Président de la Chambre d’Agriculture du Finistère.
Jacques PRIMET, Administrateur Eau et Rivières de Bretagne.
Jean Louis LE CORVOISIER, journaliste animateur
Environ 250 personnes dans la salle.
L’exposé scientifique IFREMER – CEVA par Alain MENESGUEN
« Au début, l’Administration s’est entêtée à déphosphater aux abords des endroits pollueurs.
Peu de résultats ont été constatés, car la véritable cause provenait des nitrates et non des phosphates.
Les causes ont été identifiées par les scientifiques il y a ….22 ans !
La pollution urbaine, les phosphates, les stations d’épuration sont des pistes non significatives, la seule et grande cause provient des nitrates, résultant d’une fertilisation excessive et anormale de l’agriculture intensive.
Un environnement favorable (luminosité de l’eau, confinement, température) et une alimentation suffisante en nitrates expliquent la prolifération des algues vertes (AV).
Nous n’avons pas la même espèce d’ulve que dans le Nord Bretagne, la notre, plus coriace que l’ulva armorica est l’ulva rotundata qui se développe en boutonnage ou clonage.
Il y a eu 100 000 T d’AV ramassées en Bretagne en 2009, (Nota : dont 20000 T à Hillion-22 et 15000 T sur notre baie), donc bien plus que la moyenne qui était de 60000 T par an.
Le CEVA continue ses travaux de relevés dans notre baie avec modèles mathématiques, photos aériennes, relevés en plongées…..
Au large de notre baie de la Foret, les scientifiques ont identifié les provenances des nitrates par les rivières : 30 % par le Moros, 23 % par le Saint Laurent, 16 % par le Minaouet………
13 % restent à expliquer, mais les rivières Odet, Aven, non suivies dans les travaux CEVA, peuvent expliquer une partie de ce %.
La moyenne en nitrates de nos rivières se situe entre 30mg/l et 40mg/l aujourd’hui contre 4.4 mg/l en 1971.
Les bovins représentent 120 000 T de nitrates dans la nature, les porcs 72 000 T et les volailles 40 000 T, plus loin arrivent les humains avec 15 000 T.
Ainsi les épandages et rejets des élevages de bovins polluent presque 2 fois plus que ceux des porcs et 3 fois plus que ceux des poulets.
Il y a parfois des remèdes originaux pour réduire ou éliminer les AV :
Faire en sorte de diminuer le plus possible l’intensité de la lumière en augmentant la turbidité de l’eau autrement-dit rendre trouble l’eau, chaluter les algues vertes vers des chenaux profonds comme à Brest……mais réduire les nitrates s’avère la solution indispensable.
La terrible conclusion de ce scientifique renommé :
- le phénomène AV provient bien des nitrates de l’agriculture intensive.
- il faut arrêter de dénier la réalité des scientifiques.
- il faut passer à 5 mg/L de nitrates dans nos rivières pour diminuer les AV de 72 %.
- donc autant considérer que cela ne se fera surement pas avant très longtemps.
- à quoi servent donc les contrats locaux puisque rien n’évolue sur le terrain ?
- la Bretagne est pénalisée par les conflits d’intérêts, par les lenteurs des actions politiques et administratives.
- le rapport de la commission gouvernementale d’enquête AV était bon et encourageant mais le plan qui a suivi est l’inverse donc désespérant !
- je reste pessimiste.
Plus tard dans le débat, il dénoncera les nouvelles actions de recherches scientifiques lancées dans le nouveau plan gouvernemental : « ….on sait déjà tout et donc c’est une perte de temps et une perte d’argent des contribuables. »














